A Tombouctou, la méfiance s’installe

des réfugiés azawadiens

Des réfugiés azawadiens

Rien ne va plus au Mali : entre les nomades et les sédentaires, entre les Blancs et les Noirs, entre les Touaregs et les Arabes, entre le Nord et le Sud. Chaque jour la situation se détériore un peu plus et le pays aura du mal à se remettre de cette crise.

Depuis quelques semaines les populations du Nord vivent dans l’insécurité. La peur règne partout dans la région. Les nomades ne peuvent pas rentrer dans les villes pour se procurer ce dont ils ont besoin par peur des représailles. Et les sédentaires à leur tour ne peuvent pas se déplacer d’une ville à l’autre pour les mêmes raisons. Cette situation est le résultat d’une politique menée par l’Etat malien qui a semé la méfiance au sein de la population du Nord juste pour consolider sa présence. Même les Peuls commencent à quitter leurs villages pour se réfugier en Mauritanie, ce qui prouve le caractère ségrégationniste et raciste de lEtat malien. Depuis son indépendance, l’Etat malien a monté les uns contre les autres, pendant la rébellion des années 90, il a utilisé la faction MPA (le Mouvement populaire de l’Azawad) contre les indépendantistes de l’Armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (ARLA). Aujourd’hui, il utilise les hommes de l’ARLA (actuellement sont connus sous le nom de GATIA) contre les rebelles de CMA. Diviser pour mieux régner est une ancienne stratégie de l’Etat malien.

Parce que les chiffres arabes ne sont pas arabes

source: www.lejdd.fr

source: www.lejdd.fr

Voilà 5 ans après le début de ce qui fut appelé en 2011 le printemps arabe, et les objectifs de cette mobilisation ou plutôt insurrection populaire sont loin d’être réalisés. Au contraire les résultats sont très négatives, aujourd’hui on assiste à l’anarchie totale, partout où ce printemps est passé: la violence en Tunisie le berceau de ce « printemps« , une guerre civile au Yémen, en Syrie, en Libye, et le retour au point de départ en Égypte (le régime militaire). Personne ne peut nier le fait que la situation est plus catastrophique aujourd’hui qu’elle ne l’est avant ce soit disant « printemps« . Ce printemps n’a pas donné jusque là aucune fleur comme il le faut au contraire il a asséché les feuilles vertes, et le sang coule partout où ce printemps a fait son passage. Et pourtant on peut toujours le nommer printemps, puisqu’il vient d’ailleurs ou d’en haut comme une phénomène climatique, si non au moins ses facteurs viennent d’ailleurs. Oui il faut poser les bonne questions: Quelles sont les origines de ces tremblements de terre  qui ont touché le monde arabe en 2011?  Et leurs facteurs sont-ils internes ou bien externes?

Ces questions sont très importantes pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, et pour répondre à ces questions ils faut commencer par les facteurs les plus invisibles aux yeux de certains à savoir les réseaux sociaux: facebook, twitter, youtube… ces outilles de communication ne sont pas de fabrication arabe, et il est impossible d’imaginer les mobilisations de gens sans ces outilles. Ainsi les feux de rafales qui ont fait trembler la terre sous les pieds de Kadhafi, ne sont pas de fabrication arabe non plus, et les jihadistes qui gonflent les rangs de combattants syriens eux aussi ne sont pas des syriens, non plus, et les armes qu’ils utilisent, ils proviennent d’où? sans parler de leurs sources de financement,  de leur idéologie, et de leur couverture diplomatique. En réalité tout cela provient d’ailleurs .

Je ne veux pas nier l’importance de ce mouvement qui ont secoué le monde arabe. Mais je pense qu’il ne faut jamais négliger les rôles extérieurs joués par les puissances régionales et, internationales qui ont pris le dessus sur les rôles locaux, ou nationaux. Ce sont ces puissances qui ont orienté ces mouvements dans les sens de leurs propres intérêts.  des intérêts parfois  inconciliables.

Bref lorsqu’on compte les facteurs extérieurs de ce « printemps » avec des chiffres, on peut dire que les chiffres arabes ne sont pas arabes. On aurait plutôt parlé des chiffres indiens!